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Vérifier le contenu

Avant de réviser l’orthographe et la grammaire, notre client nous demande parfois de valider le contenu. Pas toujours, mais ça peut arriver, principalement si le document touche à nos champs d’intérêt.

Sinon, dans un mandat de rédaction, je pense à la vulgarisation scientifique notamment, la validation du contenu prend une tout autre importance. Évidemment, ça ne viendrait pas à l’esprit de personne de citer une source sans l’avoir vérifiée! 😉

Quelques petites questions pour nous aider à valider ce qu’on s’apprête à écrire :

  • L’information est-elle vraie? vérifiable? vérifiée?
  • Est-elle issue d’une source sure? crédible?
  • Est-elle issue du premier niveau? Autrement dit, a-t-on la source première, et non celle qui a été reprise par quelqu’un et qui risque d’être déformée par l’interprétation?

Au moment de la révision, on n’a pas toujours accès aux documents de base. On n’a pas toujours le mandat de faire ce genre de vérification non plus. Cette étape est somme toute chronophage et parfois ardue.

Un petit truc, par contre. Même s’il n’est pas précisé dans notre mandat de vérifier les sources, on peut tout de même rester à l’affut des erreurs de contenu. Parfois, on peut détecter des anomalies, par exemple quand une information est répétée dans une autre section. On peut revenir sur ce qu’on a lu auparavant et vérifier si les deux passages disent la même chose. Il est parfois nécessaire de répéter des trucs dans un texte. L’important, c’est de rester cohérent. Et si l’on s’aperçoit que les deux passages se contredisent, on met une note au client pour qu’il vérifier et valide lui-même l’information. C’est aussi son travail, c’est lui, l’auteur. On est là pour l’accompagner et l’aider à éviter les bourdes.

Participe passé avec « avoir »

Parfois, revenir à la base est essentiel. Par exemple, l’accord du participe passé employé avec « avoir ».

Voici la règle générale : On accorde le participe passé si le complément direct est placé avant. Si le CD est placé après, on n’accorde pas.

Disons : La règle que je vous ai présentée est facile.

Pour trouver le complément direct, je pose la question « je vous ai présenté quoi? ». La réponse est « La règle », placée avant le verbe « présenté ». Donc, le CD est placé avant le verbe, on accorde « présentée » avec « La règle », féminin singulier.

Disons aussi : Je vous ai présenté la règle la plus facile du monde!

On cherche le CD, « Je vous ai présenté quoi? ». La réponse est « la règle la plus facile du monde », placée après le verbe « présenté ». Donc, le CD est placé après le verbe, on n’accorde pas « présenté ».

Pour résumer, avec l’auxiliaire « avoir » :
þ CD placé avant : on accorde.
ý CD placé après : on n’accorde pas.

Ça, c’était la règle générale. Mais qui dit « règle générale », dit « exceptions ». En attendant que je vous en parle, vous pouvez les consulter sur la BDL au lien suivant : http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=4221

Rouleau des prépositions

Je suis peut-être un peu en retard dans les nouvelles, mais j’ai trouvé une ressource en ligne que je ne connaissais pas : le Rouleau des prépositions, de Maurice Rouleau, publié en 2002.

Je connaissais Le Prépositionnaire, de Françoise Bulman, publié en 2003, disponible seulement en version imprimée.

Oui, c’est bien beau, mais encore faut-il savoir à quoi servent ces deux ouvrages de référence.

Ce sont deux dictionnaires de prépositions, plus précisément de cooccurrences avec des prépositions. Ils nous aident à savoir quelle préposition utiliser avec un verbe ou un adjectif.

Disons qu’on se demande si l’on est « habile À quelque chose » ou si l’on est « habile DANS quelque chose ».

þ Dans le Prépositionnaire, on cherche « habile ».

HABILE; ~ à qqch. (aux jeux d’adresse); ~ dans qqch. (dans la façon de présenter les choses); ~ à + inf. (à éviter les corvées).

þ Dans le Rouleau, on cherche aussi « habile ».

HABILE; adj.; à (habile au tennis; habile à manier le pinceau); dans (habile dans son métier); de (être habile de ses mains; ce n’était guère habile d’insister); en (habile en qqch.; il est habile en toutes choses); pour (il faut être habile pour faire si vite).

J’ai constaté, comme vous, qu’il y a plus de possibilités avec le Rouleau qu’avec le Prépositionnaire. C’est vrai pour l’exemple avec « habile », mais c’est vrai aussi en général. Et ce qui est fantastique, c’est que le Rouleau est disponible en ligne, à un clic de souris. Rapide et efficace, j’adore ça.


Si ça vous dit de fouiner encore un peu, cliquer sur la section « Outils d’aide à la rédaction » dans la colonne de gauche. Vous trouverez d’autres merveilles!

La révision en général

Pour résumer mon travail de révision : je corrige… tout!

Certaines personnes ont tendance à croire que la révision d’un texte se limite à corriger des erreurs d’orthographe et de grammaire. En réalité, ça va beaucoup plus loin que ça.

Lorsque je révise un texte, je dois regarder tout et partout.

Pour ne rien oublier, j’utilise la méthode de l’entonnoir.

1- Je commence par vérifier la structure du texte, le squelette.
2- Ensuite, je m’attarde à l’écriture proprement dite, la chair.
3- Puis, vient la correction de la mise en page, l’enrobage.
4- Finalement, le plus plaisant (ou le plus stressant, c’est selon…), c’est la remise au client.

Et vous, fonctionnez-vous de cette façon-là aussi?

Normatif et descriptif

Certains réviseurs sont plus normatifs que d’autres. Et ces « autres », ce sont les réviseurs plus permissifs; ils sont qualifiés de descriptifs.

Les deux types de réviseurs ont leur utilité, ne vous y trompez pas.

Le réviseur normatif corrigera selon les règles établies depuis longtemps, celles qu’on retrouve dans les dictionnaires et les grammaires. Celui-là ne déroge pas à la règle. C’est la règle, c’est tout, c’est comme ça. Il aura son utilité dans les organismes gouvernementaux, par exemple. Là, pas de place pour l’interprétation et la création lexicale. Et c’est ben correct!

Le réviseur permissif, lui, corrigera aussi selon les règles, mais jusqu’à un certain point. Oui, la règle est là, elle existe et ce n’est pas pour rien. Par contre, et c’est là que ça devient intéressant, il y a l’usage qui vient entrer dans le jeu.

L’usage, c’est l’utilisation que les gens font des mots. Dans le langage parlé, mais aussi dans des textes écrits. On le voit avec la mise à jour régulière (et récente) de la Banque de dépannage linguistique, certaines règles évoluent avec le temps. Quelque chose qui était interdit avant est maintenant permis. C’est l’usage qui en est responsable. (Et aussi les linguistes qui travaillent à l’Office…)

Donc, notre réviseur plus permissif, on l’appelle le réviseur descriptif. Parce qu’il se base sur la description du langage, sur l’usage courant des mots. Il décrit la réalité. Il accepte ce qui est courant, tout en se basant sur les règles préétablies. C’est un immense défi! Naviguer entre le « statique » des dicos et l’évolution du langage… ce n’est pas toujours évident.

On peut évidemment être d’accord ou non avec l’une ou l’autre des méthodes de révision. Ce sont deux modes de pensée, deux façons de voir la langue, mais aussi deux méthodes légitimes selon le contexte de révision. Un aura sa place dans une organisation, alors que l’autre sera beaucoup mieux ailleurs.

Ce qui importe, c’est de se respecter et de travailler selon nos propres valeurs (… et selon le client! 😉).

« etc. » et « … »

Quand on énumère plein de trucs, mais qu’on n’a pas envie de tous les écrire, on peut terminer par « etc. ».

C’est une abréviation qui vient du latin « et cetera » et qui veut dire « et les autres choses ».

Comme dans : « Le buffet comportait beaucoup de plats : des quiches, des roulés de jambon, des fruits frais, du fromage aux canneberges, etc. »

þ En fin de phrase, l’abréviation n’a qu’un seul point, pas deux. On mettra « etc. » et non « etc.. ».

þ Devant « etc. », on met toujours une virgule. Comme dans l’exemple « du fromage aux canneberges, etc. ».

þ Après « etc. », on met un point d’abréviation et la ponctuation de la phrase (virgule, point d’exclamation, point d’interrogation…). Mettons, si j’avais posé la question : « Avez-vous vu tous ces plats : quiches, roulés, fruits, fromages, etc.? ».

Maintenant, j’attire votre attention sur les points de suspension… Vous avez vu? J’ai mis trois petits points après « point d’interrogation » dans ma dernière parenthèse. J’aurais pu mettre une virgule et écrire « etc. ». J’ai plutôt choisi de supprimer la virgule et de mettre des points de suspension. C’est un choix que je trouve… élégant!

Tant qu’à y être, j’ajoute autre chose. On doit s’assurer que nos points de suspension forment un symbole groupé et non trois points un à la suite de l’autre. Word a tendance à le faire lui-même, mais c’est toujours bon de vérifier.

Pour résumer, à la fin d’une énumération, on choisit l’abréviation « etc. » ou la ponctuation « … ». Mais pas les deux en même temps!

Guillemets

Il existe deux sortes de guillemets, les « français » et les “anglais”.

(Je sais, mettre des guillemets n’était pas nécessaire, je voulais seulement vous les montrer…)

Généralement, on utilise les guillemets français. Certains les appellent des chevrons.

Comme dans :
J’ai dit à mon père : « Attends, j’arrive! »

Quant aux guillemets anglais, ils servent à guilleméter quelque chose qui est déjà entre guillemets français.

Comme dans :
« Mon père m’a répondu : “Dépêche-toi!” »

Notez qu’on met une espace autour des guillemets français, mais qu’on n’en met pas autour des guillemets anglais.

P.-S. Si ça vous dit, vous pouvez vous inscrire aussi à mon infolettre. J’en envoie une par mois. 

Classement de fichiers

Avez-vous une bonne technique de classement de fichiers? Je vais vous donner mon truc.

J’imagine que vous aussi, vous échangez des fichiers avec vos clients, vos collaborateurs, vos patrons… Vous en faites un bout, vous le lui retournez, il vous le retourne, vous le lui retournez, il vous le retourne, vous le lui retournez… jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Le danger est grand de se tromper de version, han!?

Comme je suis une personne extrêmement organisée (je suis faite comme ça, que voulez-vous?), je vous explique ma méthode.

Dès que je reçois un fichier de quelqu’un, je le classe. J’ai mon grand répertoire « Révision » dans lequel j’ai des dossiers aux noms de mes clients, un dossier par client.

Mettons que mon client s’appelle « Minou Abroutou » (c’est une entreprise de jouets!). Ce client m’envoie les textes de son site web à réviser. Dans son dossier, je crée un sous-dossier que je nomme : 2017-08-11_Site web. Et dans ce sous-dossier-là, j’enregistre son fichier comme ça : 2017-08-11_Textes site web_CV.doc. (Les lettres CV à la fin, ce sont mes initiales…)

→ Répertoire « Révision »
→ Dossier « Minou Abroutou »
→ Sous-dossier « 2017-08-11_Site web »
→ Fichier « 2017-08-11_Textes Site web_CV.doc »
→ Sous-sous-dossier « Vieilles versions »

Et là, j’en viens au sujet. Avez-vous vu mon sous-sous-dossier « Vieilles versions »? C’est lui qui me permet de ne pas me tromper! Comme mes fichiers sont toujours nommés en commençant par la date, la deuxième version reste visible, alors que la première version s’en va dans la similipoubelle. Je ne veux pas supprimer mes versions antérieures, tout d’un coup que j’aurais besoin de les consulter plus tard. Mais je ne veux plus les voir, pour ne pas me tromper.

En renommant systématiquement les fichiers que j’enregistre, je m’assure aussi qu’ils ont tous le même format, c’est plus facile à suivre. Et mettre la date dans le format anglophone, c’est juste plus simple pour le classement automatique en ordre alphabétique. Et ajouter mes initiales à la fin du nom de fichier, c’est pour montrer au client, et à moi-même, que j’ai travaillé dans cette version-là.

Ah, et si je fais deux échanges dans la même journée, j’ajoute simplement b après la date (2017-08-11b).

Votre méthode est-elle meilleure que la mienne?

P.-S. Si ça vous dit, vous pouvez vous inscrire aussi à mon infolettre. J’en envoie une par mois. 

Engager et impliquer

Il y a une différence de sens entre les verbes « engager » et « impliquer ».

Lorsqu’on est engagé dans quelque chose, c’est généralement positif, dans un contexte où l’on fait de belles et grandes choses. Comme dans : « Ma promesse n’engage que moi. »

Lorsqu’on est impliqué dans quelque chose, au contraire, c’est généralement négatif, dans un contexte fâcheux, dans un accident, dans quelque chose qui a des conséquences néfastes. Comme dans : « Je suis impliquée dans un accident de voiture. »

Ça, c’est la règle générale.

Mais il y a aussi un sens positif au verbe « impliquer », quand on l’utilise au pronominal. Comme dans : « Je m’implique dans mon travail. » Ici, on donne au verbe le sens de « s’investir corps et âme dans une action ». Il est donc correctement employé dans cet exemple.

Mais, attention! Parce que le contexte n’est pas toujours clair comme de l’eau de roche, on doit parfois retourner à l’auteur pour valider le sens.

N’oublions pas non plus les synonymes qui peuvent nous sauver la vie. Parfois, le message passe plus clairement en changeant « impliqué » ou « engagé » par « concerné, intéressé, touché… ». Comme dans : « Je parlerai à toutes les personnes intéressées par le projet. »

Pour résumer :
þ engager : contexte positif
þ impliquer : contexte fâcheux
þ s’impliquer : positif (corps et âme)

Jurons

Je suis abonnée à un groupe d’entraide en correction sur Facebook. Une question qui y revient régulièrement, c’est comment écrire un juron…

Ce qu’il faut savoir pour commencer, c’est que le juron ne relève pas du langage soigné. Ah! Vous le saviez? Il est donc plutôt rare, voire impossible, d’inclure un tel mot dans un document professionnel.

Mais voilà, il n’existe pas que des textes professionnels, heureusement. Il y a aussi les textes littéraires, dans lesquels on a plus de chance (ou de malchance?) de rencontrer un juron. Disons dans un dialogue ou dans une narration à la première personne. Revenons à la question, comment l’écrire, ce juron?

Par exemple, est-ce qu’on écrit « osti, ostie, hostie, esti, estie… »?

Vous ne trouverez pas la réponse dans un dictionnaire général comme le Petit Robert ou le Multi. Et si vous trouvez un dictionnaire qui se dit spécialisé en langue orale ou en français québécois, mon conseil, consultez-le avec humour et détachement.

L’important, quand on écrit un mot familier comme un juron, c’est d’être uniforme dans un même texte. On fait un choix, souvent imposé par l’auteur, on l’assume et on l’utilise de la même façon partout. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse dans ces cas-là.

Ne explétif

Aujourd’hui, je vous parle du « ne » explétif.

Le quoi? Le mot « ne » explétif n’est pas utilisé dans un sens de négation, comme dans « ne… pas ».

Comme dans : « Il devrait faire le ménage avant qu’elle n’y aille. » Ici, le « n’ » est explétif et n’a pas un sens de négation.

Ce n’est pas comme si je disais « Il ne devrait pas faire le ménage. » Ici, le « ne » a évidemment le rôle de négation, il ne doit pas le faire, c’est interdit.

Par contre, dans « avant qu’elle n’y aille », le « n’ » n’est pas obligatoire. On pourrait aussi dire, sans gants blancs, qu’il ne sert à rien. Il a tellement peu d’utilité qu’on le rencontre de moins en moins souvent à l’oral, même si à l’écrit, on le voit encore.

D’une manière générale donc, cette utilisation du « ne » tend à disparaitre. Comme le sens de la phrase ne change pas, qu’on le mette ou pas, à quoi bon s’empêtrer les crayons!

Que je dise « Il devrait faire le ménage avant qu’elle n’y aille », ou « avant qu’elle y aille », on comprend que je recommande au gars de se ramasser un peu avant de recevoir sa visite. Avec ou sans « ne », pas d’ambigüité.

Il reste que l’utilisation de ce « ne » explétif est facultative. On le met ou pas, selon notre envie. Le contexte nous aidera à trancher!

Tel et tel que

Doit-on accorder le mot « tel » lorsqu’on introduit des exemples?

Comme dans la phrase : Plusieurs façons de communiquer sont utilisées, tels le courriel, le publipostage et le téléphone.

Qu’on mette « tel » ou « tel que », le sens ne change pas. On choisit ce qui nous tente. Par contre, l’accord de « tel » va changer.

þ Avec « tel », on accorde avec ce qui suit. Ici, on accordera avec « le courriel, le publipostage et le téléphone », trois noms masculins : « tels » masculin pluriel.

þ Avec « tel que », on accorde plutôt avec ce qui vient avant. Ici, on accordera avec « plusieurs façons », un nom féminin pluriel : « telles que » féminin pluriel.

Pour le retenir, j’ai un truc. Si je rencontre « que », il y a une barrière et je dois revenir en arrière pour voir ce qui est devant. Ou encore, « que » fait office de tremplin et je dois sauter en plongeon arrière. (Voir ici une grande flèche rouge qui forme un grand demi-cercle vers le début de la phrase.)

Par contre, s’il n’y a pas de « que », je continue ma lecture comme si de rien n’était et j’accorde avec ce qui s’en vient.

Pour résumer :
« tel » → après
« tel que » → avant

Fastoche!

Aller jusqu’au bout

Aujourd’hui, je vous parle de persévérance. De l’importance d’aller jusqu’au bout. Au bout de quoi? Au bout de tout.

Dans les textes que je révise, j’ai remarqué que la fin contient plus d’erreurs que le début. Est-ce que l’auteur était tanné d’écrire? Est-ce qu’il a plus retravaillé le début que la fin? Est-ce qu’il a corrigé le début, puis, à un moment donné, il s’est dit, bah! c’est trop long, j’arrête? Je ne sais pas.

Toujours est-il que la révision, elle, doit être égale partout. Le texte qui sort de chez moi ne doit pas contenir d’erreurs nulle part, ni au début ni à la fin.

Non, ça ne veut pas dire que je suis infaillible. Ça veut juste dire que je dois prendre mon temps et que je dois aussi prendre des pauses. C’est faux de penser que mon attention est à 100 % tout le temps pendant quatre heures. Personne ne peut faire ça! En tout cas, si vous pouvez, donnez-moi votre truc. 😉

Oui, on doit respecter nos délais de remise. Oui, le texte doit être parfait. Surtout à la fin! « Il me reste seulement six pages, allez, je continue. » Non! Si on est fatigué, on oubliera des erreurs, on passera par-dessus la petite coquille qui nous hantera la nuit. Il vaut mieux s’arrêter, regarder ailleurs, aller se promener, même si c’est pour cinq minutes.

Un petit truc pour ralentir notre lecture sur papier, mettre une règle opaque pour nous guider. Ça évitera d’aller lire deux ou trois lignes plus bas et de laisser passer des choses importantes. Je fais ça souvent et ça marche!

Je le répète, la fin d’un texte est aussi importante que le début. Armez-vous de patience et persévérez… jusqu’au bout.

Le client compte sur nous! C’est notre devoir d’être au top de notre forme quand on travaille. 😊

Préfixe « re- »

Des couples de mots : « tourner/retourner », « trouver/retrouver », « faire/refaire ».

On ajoute le préfixe « re- », et le mot change de sens.

La Banque de dépannage linguistique (BDL) nous dit que le préfixe « re- » signifie « le retour à un état antérieur, un changement de direction, un renforcement, la répétition d’une action… ».

Pour le dire en moins de mots, « re- » veut dire « encore une fois ».

Ce qui veut dire qu’on doit faire attention quand on utilise nos verbes. Si notre but est de « tourner, trouver, faire… », on économise notre mine de crayon, et on laisse tomber les deux lettres « re- ». Mais si l’on veut mettre en évidence une répétition, alors là, pas de gêne, on ajoute deux lettres!

Disons, par exemple, que j’ai retrouvé l’article sur la BDL. Est-ce que je l’ai trouvé ou retrouvé? Je l’ai trouvé si c’est la première fois que je le vois, mais je l’ai retrouvé si je l’avais déjà vu et que je suis retournée sur le site pour le retrouver. Dans mon cas, je l’ai bel et bien retrouvé. 😊

En résumé, « re- » si on répète quelque chose, sinon, pas de « re- ».

Numéro de téléphone

Sujet inusité, comment écrire un numéro de téléphone.

Si vous le griffonnez pendant qu’on vous le dicte, le téléphone collé à l’oreille, pas de problème, je ne m’en mêle pas. Mais si vous devez l’écrire sur votre carte pro, c’est autre chose.

On lui met un trait d’union? Une espace? Un point? Une parenthèse?

Disons qu’on prend mon numéro personnel comme exemple :
418 123-4567
418-123-4567

Après l’indicatif régional (qu’on mettait auparavant entre parenthèses parce qu’il était optionnel), on met une espace ou un trait d’union, au choix. Entre les deux autres groupes de chiffres, c’est le trait d’union obligatoire.

Même chose pour les numéros avec 1 800. 1 800 123-4567 ou 1-800-123-4567.

Oubliez les points et les parenthèses, c’est terminé! Pour l’instant, la mode est aux espaces et aux traits d’union.

Petit tuyau, aussi. Sur une carte pro, on écrit parfois l’abréviation de « téléphone » devant le numéro. On l’écrit : « Tél. : ».

Et juste au cas… ce n’est pas mon vrai numéro de téléphone… 😉

Compétition et concurrence

Vous savez que la langue est en constante évolution. Ce qui fait que certains mots « fautifs » deviennent « corrects ». (Je mets des guillemets parce que la notion d’erreur dépend toujours du contexte.)

Les mots « compétition » et « concurrence » n’étaient pas synonymes jusqu’à hier. Aujourd’hui, les deux mots sont synonymes dans presque tous les contextes.

Concernant l’utilisation de « compétition » et de « concurrence », la Banque de dépannage linguistique (BDL) de l’Office québécois de la langue française (OQLF) a changé son fusil d’épaule en mars dernier. Les recommandations que les linguistes y font sont de plus en plus basées sur l’usage.

Ainsi, la phrase « Mon entreprise est en compétition avec la tienne. » est aussi correcte que « Mon entreprise est en concurrence avec la tienne. »

Ce n’était pas le cas avant, sous prétexte que la compétition avait un sens sportif seulement, et ne pouvait pas être utilisée dans un contexte commercial. L’argument était l’anglicisme, une fois de plus.

Mais voilà, l’usage en a décidé autrement. Les gens utilisent les deux termes comme synonymes. Et les dérivés aussi : compétition et concurrence, compétiteur et concurrent, compétitif et concurrentiel…

Qu’à cela ne tienne, on vient d’ajouter une série de mots dans le champ lexical commercial! 😊

à, de, en

À, de, en. Des petits mots d’une lettre ou deux, mais des mots importants. S’ils n’étaient pas là, on serait bien malheureux.

On ne pourrait pas donner son cœur à quelqu’un.
On ne pourrait pas demander de l’argent pour s’acheter des bonbons.
On ne pourrait pas aller en promenade avec son chien.

Ces trois mots — à, de, en — sont des prépositions qu’on doit répéter dans une énumération.

Comme ici : Dans mon potager, j’ai plein de carottes, de betteraves et de tomates. Quand elles seront mures, j’aimerais en donner à ma mère et à ma sœur, et en garder pour moi. 🥕 🍅

Analyse :
– à : « en donner à ma mère et à ma sœur ». À cause du « et », je répète « à ».
– de : « plein de carottes, de betteraves et de tomates ». Ici aussi, le « et » me fait répéter le « de ».
– en : « en donner et en garder ». C’est redondant, mais ici encore, je répète « en » à cause du « et ».

Donc, c’est facile, avec « à, de, en », on répète! 😎

Alors que

Petit truc de virgule aujourd’hui. Parce que je corrige souvent cette affaire-là.

1) Devant les conjonctions « alors que », « tandis que » et « pendant que », on ne place pas de virgule si on veut indiquer que deux évènements sont simultanés.

Comme dans : Je placerai un sou dans sa poche pendant qu’elle aura le dos tourné.

Donc, elle me tournera le dos, et en même temps, pendant qu’elle ne me regardera pas, je placerai un sou dans sa poche, avant qu’elle se retourne vers moi. C’est en même temps.

2) Et on place une virgule devant ces conjonctions quand on veut plutôt signaler une opposition.

Comme dans : On veut te faire croire que tu sais tout, alors que tu ne sais rien!

Ce n’est pas très gentil de dire ça à quelqu’un, mais c’est une opposition, ça oui! Tu sais tout, tu ne sais rien, c’est opposé, c’est le contraire. Pour le retenir, on peut se dire qu’une opposition, c’est une rupture, donc on place une virgule pour séparer les deux parties.

Pour résumer : Avec « alors que », « tandis que » et « pendant que »,
opposition = virgule
simultané = pas de virgule

La simplicité, vous aimez ça? 😊

Saint ou St

Admettons que j’aurais envie de vous souhaiter « Bonne Saint-Jean ». Est-ce que je pourrais vous l’écrire « Bonne St-Jean »?

Je suis d’accord avec vous, on le souhaite à l’oral, d’habitude. Rarement à l’écrit. Mais admettons que j’aurais envie de vous le souhaiter dans une belle lettre personnalisée, avec mon logo et tout?

La première chose à savoir, c’est que si « Saint » compose un nom de fête, il prend la majuscule et le trait d’union, donc « Saint-Chose », pas « saint Chose ». Une affaire de réglée.

Pour ce qui est de l’abréviation « St », le Ramat ne la recommande pas, à moins de manquer d’espace. Vous conviendrez comme moi, d’ailleurs, que manquer d’espace dans cette situation est peu probable.

De toute façon, pour vous donner une vraiment belle lettre, je vous l’écrirais au long : « Bonne Saint-Jean-Baptiste! » 

Mettre l’emphase

Faut-il « mettre l’emphase sur » quelque chose, ou non?

Le Multi vous dira que c’est un anglicisme. (Ah! Les anglicismes!! J’y reviendrai dans une autre capsule…)

Moi, ce que je dis, anglicisme ou pas, c’est qu’il est préférable de le remplacer par « mettre l’accent sur quelque chose », SI, et seulement SI, l’on est en contexte positif.

Prenons l’exemple suivant : Dans cette capsule, Caroline met l’emphase sur le contexte.

þ Selon le Petit Robert, la définition de « emphase » est la suivante : « 2. (1588) MOD. PÉJ. Emploi abusif ou déplacé du style élevé, du ton déclamatoire. ➙ déclamation, enflure, grandiloquence. Parler avec emphase. ➙ pérorer, pontifier. « Il parla à son tour d’un ton doctrinaire, avec l’emphase apprise dans les proclamations » (Maupassant). Souvenirs évoqués sans emphase. »

þ Selon le Multi, la définition de « emphase » est plus courte : « (PÉJORATIF) Exagération prétentieuse. »

Donc, mon avis, c’est que si l’on veut mettre l’emphase sur quelque chose, mais que l’on désire en même temps le mettre en valeur, on devrait plutôt parler de « mettre l’accent sur ladite chose ». Parce que la marque « péjorative » nous indique que l’on désire déprécier la chose, que l’on est dans une situation négative, de dévalorisation. Et tout ça n’a rien à voir avec l’anglicisme…

Dans cette capsule, donc, Caroline met l’accent sur le contexte, insiste sur le contexte, met le contexte en valeur, pour savoir quel mot utiliser! 😊